Pierre Corthay, Gérard Fabre
Galerie du Tableau
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05 > 17 September, 2016
![]() Gérard Fabre |
![]() Pierre Corthay |
Pierre Corthay
Depuis 2005, Pierre Corthay utilise le carton pour créer des volumes. Associé à sa passion pour la peinture, son métier de bottier l’a amené à considérer attentivement les notions de mobilité au quotidien.
Pierre Corthay a d’abord réalisé des gouaches et des objets proches de Hans Arp ou de Shirley Jaffe. Cette attention pour les formes simples lui a été insufflée dès l’enfance par sa tante, Valentine Schlegel, sculpteur dans les années 1950- 1960.
En 2005, il ramasse distraitement un petit carton d’emballage et le peint. Ce geste fondateur va peu à peu s’imbriquer à son métier : « C’est un lien inconscient qui s’est manifesté entre mon travail initial d’artisan bottier et cette pratique. Le soulier est un véhicule pour l’homme, sans doute le plus ancien. Il le protège et lui permet de se déplacer, au même titre que le carton de calage le fait pour un objet inerte.» Relativement confidentielle à l’origine, sa démarche s’est muée en un jeu pour son entourage qui s’est, au fil du temps, transformé en une modeste armée de glaneurs. Et si sa pratique n’a pas supplanté son métier artisanal, elle est devenue quotidienne.
Durant les premières années, les cartons sont simplement dépliés et peints en aplats colorés qui définissent différents plans. Depuis 2009, Pierre Corthay utilise le carton «thermoformé». Les volumes agencés sont unifiés par une couleur dense et monochrome. Un bleu cendre, un brun mat, un rouille profond. Le matériau originel est méconnaissable.Tout récemment, Pierre Corthay a introduit le modelage en associant le carton à la terre dont la malléabilité vient souligner l’aspect préhensile du travail. Les sculptures sont accrochées au mur ou posées sur des étagères comme des objets utilitaires, leur spécificité tenant à la coexistence de deux matériaux.
En près de dix ans, Pierre Corthay a fait évoluer la matière première de son travail qui est devenue l’objet d’une réflexion toujours plus accrue sur le matériau, ses propriétés et ses usages.
Gérard Fabre
Avec Gérard Fabre nous avons su partager un privilège extraordinaire: celui de l'amitié de Jean-Louis Marcos pour une raison qu'il s'était octroyée, il ne peut plus dire pourquoi mais il savait le faire et cela nous manque. Jean-Louis savait dire son amitié sans prononcer ce terme, il était sobre de mots, ce qui l'empêchait de mentir. À mon tour, il m'interdit le texte, voici le sien à propos de Gérard Fabre:
Les sculptures de ce plasticien marseillais sont de l’ironie dans l’espace. Il s’agit d’objets qui se cachent derrière leurs éclatantes couleurs et leurs volumes imposants. Ce fort impact visuel se tient sur une crête entre deux gouffres : celui du grotesque et celui du sublime. De ce flirt avec le risque, cette présence plastique tire une étrange souveraineté. L’ironie se trouve alors dans son jardin : interroger en feignant l’ignorance, dans cette incessante mobilité de la conscience, aux antipodes du dogmatisme, dans une des ouvertures majeures de la liberté de percevoir. L’ironie de Gérard Fabre pratique le contre-oeil comme d’autres le contre-pied, la jonglerie dans la jungle et la couleur dans le chromatisme, toutes choses qui demandent souplesse, agilité et inspiration. Il y a aussi des fausses pistes, celle du design par exemple. Les petites sculptures de Gérard Fabre font semblant d’être cousines avec des objets de design. C’est une blague, le design est toujours étroitement lié au monde de la production, à la manufacture. Ici il s’agit d’objets célibataires et uniques, acceptant de se retrouver dans un groupe, pour une petite orgie métaphysique plausible, acceptant de se transformer éventuellement ; mais en aucun cas d’être clonés, d’être formatés pour le marché et d’envahir comme autant de métastases l’espace quotidien déjà saturé.
Les sculptures de Gérard Fabre portent toutes un titre générique : Babarevich soit le fruit des amours coupables de Babar et du peintre du Suprématisme (courant de l’art abstrait) Kasimir Malevitch (1879-1935). Il y a ici à la fois la mémoire des aînés, ridicules et glorieux comme toujours, qui disaient par exemple : « J’ai délié les noeuds de la sagesse et libéré la conscience des couleurs » (Malevitch) et celle de Babar, roi d’un pays qu’il invente en y mêlant les charmes de la ville et ceux de la jungle.
La modestie des matériaux (plâtre, papier mâché, peinture industrielle), relève aussi de l’ironie. Comme les vieux vêtements troués et sales de Socrate allaient de pair avec sa brillante dialectique.
Alors, à la fin, l’objet sculpture de Gérard Fabre est la matérialisation de l’ironie. Il s’agit bel et bien d’un irréel réalisé.
Jean-Louis Marcos
Depuis 2005, Pierre Corthay utilise le carton pour créer des volumes. Associé à sa passion pour la peinture, son métier de bottier l’a amené à considérer attentivement les notions de mobilité au quotidien.
Pierre Corthay a d’abord réalisé des gouaches et des objets proches de Hans Arp ou de Shirley Jaffe. Cette attention pour les formes simples lui a été insufflée dès l’enfance par sa tante, Valentine Schlegel, sculpteur dans les années 1950- 1960.
En 2005, il ramasse distraitement un petit carton d’emballage et le peint. Ce geste fondateur va peu à peu s’imbriquer à son métier : « C’est un lien inconscient qui s’est manifesté entre mon travail initial d’artisan bottier et cette pratique. Le soulier est un véhicule pour l’homme, sans doute le plus ancien. Il le protège et lui permet de se déplacer, au même titre que le carton de calage le fait pour un objet inerte.» Relativement confidentielle à l’origine, sa démarche s’est muée en un jeu pour son entourage qui s’est, au fil du temps, transformé en une modeste armée de glaneurs. Et si sa pratique n’a pas supplanté son métier artisanal, elle est devenue quotidienne.
Durant les premières années, les cartons sont simplement dépliés et peints en aplats colorés qui définissent différents plans. Depuis 2009, Pierre Corthay utilise le carton «thermoformé». Les volumes agencés sont unifiés par une couleur dense et monochrome. Un bleu cendre, un brun mat, un rouille profond. Le matériau originel est méconnaissable.Tout récemment, Pierre Corthay a introduit le modelage en associant le carton à la terre dont la malléabilité vient souligner l’aspect préhensile du travail. Les sculptures sont accrochées au mur ou posées sur des étagères comme des objets utilitaires, leur spécificité tenant à la coexistence de deux matériaux.
En près de dix ans, Pierre Corthay a fait évoluer la matière première de son travail qui est devenue l’objet d’une réflexion toujours plus accrue sur le matériau, ses propriétés et ses usages.
Gérard Fabre
Avec Gérard Fabre nous avons su partager un privilège extraordinaire: celui de l'amitié de Jean-Louis Marcos pour une raison qu'il s'était octroyée, il ne peut plus dire pourquoi mais il savait le faire et cela nous manque. Jean-Louis savait dire son amitié sans prononcer ce terme, il était sobre de mots, ce qui l'empêchait de mentir. À mon tour, il m'interdit le texte, voici le sien à propos de Gérard Fabre:
Les sculptures de ce plasticien marseillais sont de l’ironie dans l’espace. Il s’agit d’objets qui se cachent derrière leurs éclatantes couleurs et leurs volumes imposants. Ce fort impact visuel se tient sur une crête entre deux gouffres : celui du grotesque et celui du sublime. De ce flirt avec le risque, cette présence plastique tire une étrange souveraineté. L’ironie se trouve alors dans son jardin : interroger en feignant l’ignorance, dans cette incessante mobilité de la conscience, aux antipodes du dogmatisme, dans une des ouvertures majeures de la liberté de percevoir. L’ironie de Gérard Fabre pratique le contre-oeil comme d’autres le contre-pied, la jonglerie dans la jungle et la couleur dans le chromatisme, toutes choses qui demandent souplesse, agilité et inspiration. Il y a aussi des fausses pistes, celle du design par exemple. Les petites sculptures de Gérard Fabre font semblant d’être cousines avec des objets de design. C’est une blague, le design est toujours étroitement lié au monde de la production, à la manufacture. Ici il s’agit d’objets célibataires et uniques, acceptant de se retrouver dans un groupe, pour une petite orgie métaphysique plausible, acceptant de se transformer éventuellement ; mais en aucun cas d’être clonés, d’être formatés pour le marché et d’envahir comme autant de métastases l’espace quotidien déjà saturé.
Les sculptures de Gérard Fabre portent toutes un titre générique : Babarevich soit le fruit des amours coupables de Babar et du peintre du Suprématisme (courant de l’art abstrait) Kasimir Malevitch (1879-1935). Il y a ici à la fois la mémoire des aînés, ridicules et glorieux comme toujours, qui disaient par exemple : « J’ai délié les noeuds de la sagesse et libéré la conscience des couleurs » (Malevitch) et celle de Babar, roi d’un pays qu’il invente en y mêlant les charmes de la ville et ceux de la jungle.
La modestie des matériaux (plâtre, papier mâché, peinture industrielle), relève aussi de l’ironie. Comme les vieux vêtements troués et sales de Socrate allaient de pair avec sa brillante dialectique.
Alors, à la fin, l’objet sculpture de Gérard Fabre est la matérialisation de l’ironie. Il s’agit bel et bien d’un irréel réalisé.
Jean-Louis Marcos

Vernissage :
monday 05 September from 18:30
mpefm
FRANCE art press release
Opening hours :
Monday to Friday from 10am to 12pm and from 15h to 19h. Saturday from 10am to 12pm and from 15h to 18h
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